VIRUNGA DEBATE 01-04 “Georges Dallemagne: en ce qui concerne le parc des Virunga, je suis beaucoup plus inquiet que vous.”

Chrambre des Répresentants

Extraits de la COMMISSION DES RELATIONS EXTERIEURES du MERCREDI 18 AVRIL 2012  –

Credits: Canuckistan

Source: CHAMBRE-3E SESSION DE LA  53E LÉGISLATURE 2011 2012 K / 18/04/2012 CRIV 53 COM 452 

01.04 Georges Dallemagne (cdH) :

” En ce qui concerne le parc des Virunga, je suis beaucoup plus inquiet que vous. On n’imagine pas une société privée commerciale comme SOCO faisant de l’exploration pour la science. Ce n’est pas le Congo qui fait de l’exploration, c’est une société privée: SOCO met en œuvre le contrat signé avec les autorités congolaises.

Dans le passé, le Congo s’est engagé à ne pas faire d’exploration ni d’exploitation. C’est un engagement formel que le Congo a pris à l’égard de la communauté internationale et de l’Unesco. C’est prévu dans la loi congolaise: l’exploration est interdite. Il y a donc là une infraction importante à la fois au droit congolais et aux engagements du Congo. Aujourd’hui, un contrat signé par la firme SOCO met en œuvre les premières étapes de ce qui pourrait bien être une exploitation des ressources du Congo.

Vous savez que des initiatives politiques locales sont prises pour qu’une exploitation ait lieu. La boîte de Pandore a donc été ouverte. Une colonne de responsables politiques locaux réclament cette exploitation. Il me paraît peu douteux, en cas de découverte de gisements pétroliers dans les Virunga, que ce débat ne s’amplifie et qu’un risque grave d’exploitation des ressources pétrolières n’apparaisse.

J’ajoute que le Congo dispose de tellement de richesses, notamment de pétrole, dans d’autres endroits que pour ne pas fragiliser ce patrimoine mondial de l’humanité, ce patrimoine non seulement mondial mais aussi congolais. Je ne vous suis pas quand vous dites que le Congo n’exploitera pas les ressources pétrolières mais que cela devra se monnayer. Je pense que c’est d’abord et avant tout un patrimoine congolais. Si on considère ce patrimoine sous l’angle des recettes touristiques qu’il peut engendrer, il mérite certainement autant d’attention que le pétrole qu’il pourrait éventuellement contenir.

Je vous demande vraiment de continuer, comme vous l’aviez indiqué lorsque je vous ai interrogé à ce sujet en commission, à avoir une attitude extrêmement claire. Une exploration aujourd’hui me paraît extrêmement dangereuse.

Je suis très heureux de la réaction de la directrice générale de l’Unesco suite à la démarche que nous avons effectuée avec six collègues de la commission des Affaires étrangères. Elle nous a répondu qu’elle était très inquiète.  Elle nous a remerciés pour notre démarche et compte mettre cette question à l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’Unesco sur la Protection du patrimoine mondial de l’humanité. C’est dire son inquiétude que je comprends très bien par rapport au parc des Virunga.”